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Limitations de temps de travail en vol : le Parlement européen sourd aux cris d’alerte du personnel navigant

Intervention de Jacky Hénin – député européen PCF-Front de gauche 8/10/2013

dimanche 13 octobre 2013, par République et Socialisme

" La force du transport aérien repose sur sa sécurité, qui est une affaire d’organisation et de réglementation très strictes. C’est grâce à cela que l’avion est le mode de transport le plus sûr au monde, grâce également au professionnalisme de milliers de femmes et d’hommes dont les tâches sont, chaque jour, plus pénibles. Reculer sur les limitations de temps de vol, comme le propose la Commission, c’est remettre en cause la sécurité des passagers et des personnels navigants.

Une étude britannique, menée auprès de 500 pilotes de ligne, a révélé que la moitié se seraient déjà endormis aux commandes et que, lorsqu’ils se sont réveillés, pour un tiers d’entre eux, l’autre pilote dormait également. Oui, il faut aller plus loin dans la réduction du temps de service de nuit pour tous, y compris les hôtesses et les stewards. Oui, il faut aller plus loin concernant le nombre d’heures de vol maximum sur douze mois. Oui, il faut limiter strictement les combinaisons des temps de service et des temps d’attente à l’aéroport.

Puis, pour faire gagner quelque argent supplémentaire aux actionnaires, ce Parlement, dont la majorité commence à taper sur les pupitres quand il a voté plus de deux heures, va imposer à des salariés de travailler plus de onze heures !"

Le Parlement européen a accepté ce midi le règlement de la Commission européenne sur le temps de travail des pilotes, stewards et hôtesses et ce malgré la mobilisation forte du personnel concerné.

La proposition de la Commission européenne règlemente notamment les temps de vols et de "standby" du personnel navigant.

Selon cette règlementation, un pilote pourrait être amené à poser un avion après être resté éveillé pendant plus de 22H !

Et ce alors qu’une étude britannique menée sur 500 pilotes de ligne a révélé que la moitié se seraient déjà endormis aux commandes de leur avion et qu’un tiers ont déclaré qu’à leur réveil, l’autre pilote dormait aussi…

Ce texte de la Commission prévoit de plus que de nombreuses mesures importantes dans la gestion des règles de temps de pause et de temps de vol soient attribuées à l’agence européenne de sécurité aérienne (EASA).

Comme cela a été dénoncé dans la résolution de rejet de la commission transport, le temps de travail du personnel et les conditions de sécurité sont pourtant des questions éminemment politiques. Un contrôle démocratique et transparent doit pouvoir être exercé.

C’est un véritable risque pour les passagers. Être timoré sur les limitations de temps de vol comme le propose la Commission, c’est remettre en cause la sécurité des passagers et des personnels navigants.

Comment ne pas être inquiet quand dans le même temps, Air France lance un plan de restructuration menaçant 2 800 emplois et demande à ses salariés d’augmenter la productivité de 20%.

L’État français qui détient actuellement 15,9 % du capital d’Air France doit demander la suspension du plan social d’Air France, et doit immédiatement lancer le débat sur une législation nationale sérieuse sur le temps de travail des pilotes, hôtesses et stewards.

De garanties doivent être données pour que ce règlement ne remette pas en cause des législations nationales plus protectrices des salariés et de la sécurité.

La motion de rejet de la proposition de la Commission européenne a été rejeté avec un vote de 218 pour 387 contre 66 abstentions.

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