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Protection sociale sous protection syndicale

l’Humanité du30 mars

samedi 31 mars 2012, par République et Socialisme

Manifestations, à Paris et en province, de salariés de la santé et de la Sécu : la CGT a relancé jeudi son action pour la défense d’un service public actuellement bien malade. Reportage à Nice.

« On n’en peut plus et les usagers non plus. » A l’hôpital ou dans les caisses de Sécu, dans les foyers de l’enfance ou dans les bureaux de la Mutualité, le cri d’alarme des personnels est unanime si l’on en croit Marie-Laure Legrand, secrétaire générale de l’union syndicale CGT de la santé et de l’action sociale pour les Alpes-Maritimes. « Le nouveau schéma régional de santé (application pratique de la loi Bachelot) sorti en janvier dernier nous crée plus de problèmes qu’il n’en résout pour les personnels et les usagers », souligne la syndicaliste en prenant l’exemple de la suppression de huit lits de médecine dans un petit hôpital de la vallée alpine de La Tinée, « ce qui va obliger des personnes âgées à venir sur la Côte, loin de leurs familles pour se faire soigner ». La loi Bachelot n’a pas non plus épargné la Côte où, derrière un décor opulent, se cachent bien des misères. « Faute de moyens, plusieurs dizaines d’enfants psychotiques ne peuvent plus être accueillis dans les établissements médico-sociaux », s’indigne une militante CGT qui, hier sur le coup de midi, place Masséna, distribue des tracts aux passants, « pour une reconquête de la protection sociale ». A côté d’elle, Delphine Girard, infirmière CGT (et candidate Front de gauche aux législatives) explique combien est « catastrophique » le regroupement, au détriment du public et des personnels, des maternités de l’hôpital l’Archet et de la fondation privée Lenval.

A Grasse, c’est le service de réanimation qui est sur le point de fermer, malgré une pétition de plusieurs milliers d’habitants, pour cause de regroupement sur Cannes. Par contrecoup, ces restrictions dans l’accès aux soins touchent les employés de la Sécu et des mutuelles. A la gestion des caisses d’assurance-maladie de la région Paca basée à Nice, on est passé, en dix ans, de 110 à 80 salariés. Last but not least, les employés CGT de la Mutualité s’offusquent de la « dérive commerciale » de leurs organismes mutualistes qui s’opère, selon eux, au détriment de leurs actions de prévention.

La situation critique des Alpes-Maritimes, « qui met en cause notre droit à la santé », estime la CGT, peut être extrapolée à l’ensemble du territoire. C’est d’ailleurs dans toute la France que les fédérations CGT de la santé, de l’action sociale et des organismes sociaux appelaient hier à une mobilisation générale. Débrayages ou grèves d’une journée, signatures de pétitions ou, comme à Nice, rassemblements sur une place publique pendant la pause-déjeuner ont émaillé cette journée de luttes. A Marseille on a même manifesté sous les fenêtres de l’agence régionale de santé pour notamment alerter à nouveau sur les menaces qui pèsent sur l’existence même du grand conseil de la Mutualité, c’est-à-dire sur onze centres de santé, une clinique et 1 200 emplois dans les Bouches-du-Rhône.

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