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message au congressistes du Parti de Gauche

adressé au PG le 18 novembre 2010

dimanche 21 novembre 2010, par jallamion

Cher(e)s amis, cher(e)s camarades,

Au nom du secrétariat national de République et Socialisme, je remercie en premier lieu le Parti de Gauche et notamment son président Jean Luc Mélenchon pour son invitation.

Nous adressons à l’ensemble des congressistes un salut amical et fraternel. Les circonstances ne nous permettent d’être parmi vous ayant pris depuis fort longtemps l’engagement de participer à l’initiative de la Convergence nationale et de Résistance sociale organisée le même jour à Tours. Nous espérons que ce Congrès vous permettra encore davantage de vous inscrire dans le paysage politique français. Depuis les européennes de 2009, avec le front de gauche, nous avons, ensemble, fait avancer l’idée qu’il était possible de mettre en place une autre société plus juste, plus solidaire, plus respectueuse de l’environnement permettant un autre mode de développement où l’homme serait placé au centre.

Nous avons mené de nombreux combats ensemble sur la politique économique en France et en Europe, sur les retraites, sur le respect des libertés et contre les dictats de Bruxelles qui asservissent les peuples.

Nous venons de vivre depuis plusieurs mois un moment de mobilisation exceptionnel dans notre pays, contre la remise en cause de notre régime de retraite par le Président de la République et son gouvernement. Ce combat exemplaire démontre comme pour le référendum pour une constitution européenne, que les citoyens ne sont pas dupes du matraquage idéologique du pouvoir et des médias à sa solde.

Au delà, nous constatons que la morgue et les excès des membres de la classe dirigeantes et de ses valets directs contribuent largement à cette prise de conscience. Nous constatons le rôle mortifère d’un système capitaliste apparemment triomphant, mais dont les contradictions peuvent mener le monde à la catastrophe économique, écologique et sociale.

En l’occurrence, et sauf surprise, les dirigeants du Parti Socialiste, ne peuvent constituer aux yeux du peuple une alternance crédible, d’où l’augmentation régulière du taux d’abstention à chaque nouvelle élection : englués dans la gestion et, malgré leurs protestations, dans le caractère indépassable du système voire dans l’acquiescement à sa logique et à son fonctionnement, ils sont dans l’incapacité d’être le moteur de toute véritable alternative.

C’est pourquoi le Front de Gauche nous est apparu comme une stratégie à saisir sur des bases politiques suffisamment souples, mais aussi suffisamment radicales pour s’attaquer résolument aux racines du système.

Il y a urgence : en face de nous les détenteurs de capitaux et le patronat, malgré ses contradictions, serrent les coudes et s’organisent de façon plutôt remarquable.

C’est pourquoi les récents événements doivent contribuer à la prise de conscience de la nécessité de proposer un véritable projet aux salariés et précaires de notre pays et de tous ceux qui vivent de leur travail dans notre pays et de revivifier l’internationalisme. Outre la responsabilité des trois partis fondateurs du Front de Gauche dans l’élaboration de ce projet, la contribution des autres organisations qui se situent dans une mouvance proche (Alternatifs, FASE, M’PEP, PCOF) ne sont pas à négliger pour mener à bien cette grande tâche. C’est au prix de la proposition d’un programme cohérent, à la fois radical et réaliste que les secteurs les plus progressistes du PS seront amenés à peser en interne ou à nous rejoindre. C’est un défi auquel nous devons répondre sous peine de voir la vie politique de notre pays se réduire au triste spectacle des élections américaines et se généraliser la précarité et la pauvreté.

C’est ce que nous sommes sur le point de réalisé ensemble, c’est cette alternative dont nous sommes porteur. Les ennemis du socialisme l’ont bien compris. Le Front de gauche doit être abattu pour laisser libre cours à l’alternance libérale. Ses candidats potentiels doivent être mis au pilori. Les invectives récentes de Conh Bendit à l’égard de Jean Luc Mélenchon sont purement inadmissible non seulement pour Jean-Luc, pour les militants du PG mais aussi pour l’ensembles des forces sociales qui souhaitent renouer avec l’essence même de la République : le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple.

République et Socialisme souhaite participer à l’élaboration d’un tel projet. Ses militants n’ont qu’une ambition : contribuer à l’émergence d’une force politique rassemblant des sensibilités et des traditions de gauche différentes, capable de les faire fructifier pour les citoyens de notre pays mais aussi, par effet d’entraînement, bien au-delà, au sein des pays européens, des pays du sud, en lien notamment avec le large mouvement populaire qui se développe dans les pays d’Amérique latine.

Notre apport original à ce front politique repose, en effet sur les deux piliers de la République et du Socialisme.

La République : nous pensons effectivement qu’un pouvoir politique en France doit reposer sur les valeurs et les institutions de notre tradition républicaine, qui contribue encore aujourd’hui dans le monde à donner une image positive de notre pays au sein de la conscience populaire. Liberté, Egalité, Fraternité, mais aussi Laïcité, Services publics, Séparation des pouvoirs, Sécurité Sociale publique, universelle et généralisée, Gratuité de l’enseignement : autant de valeurs et d’institutions mises à mal progressivement depuis plus de 40 ans par la reconquête de la finance et par l’insuffisance de la vigilance populaire. Il s’agit donc bien aujourd’hui de rendre réellement le pouvoir au peuple. Cela signifie des réformes radicales à commencer par celle de nos institutions, par un rééquilibrage entre les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire et en en assurant le contrôle le plus direct possible par le peuple.

Le Socialisme : nous n’avons pas renoncé à une conception de la vie économique et sociale reposant sur le double pilier de la puissance publique redevenue républicaine et sur les coopérations décentralisées pour la gestion de larges secteurs aujourd’hui en friche ou bureaucratisés.

Rétablir le plein champ des services publics passe par la renationalisation des secteurs privatisés (Poste, Télécommunications, Transports, Eau et Energie et surtout secteur de la Banque et du crédit) et par le développement de nouveaux services publics comme le logement ou la petite enfance.

Il passe aussi par la revalorisation de l’Education Nationale favorisant à la fois l’acquisition des connaissances indispensables à la citoyenneté et les cultures pratiques aptes à l’acquisition des savoir-faire. Pour ce faire un retour intelligent à la laïcité de certains secteurs, abusivement dévoyés hors de ce champ, devra être mis en oeuvre.

Un système public de santé accessible à tous, sur tout le territoire avec des moyens suffisants pour répondre aux besoins de toute la population où l’hôpital public de proximité est le pivot devra être un de nos objectifs principaux.

C’est pourquoi nous formulons des vœux de pleine réussite à votre congrès et que demain avec vous, avec le Front de Gauche nous puissions mener, ensemble, ces combats pour redonner la voix aux sans voix, pour redonner la voix au peuple souverain, pour la France, pour la république, pour le socialisme.

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